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AVANT PROPOS (Ou PROPOSITION. C’est quasiment pareil)
par Annie St-Pierre, 2015-08-21

    Le principal défi dans une carte blanche, c’est la pertinence.   

    Quand on sait à qui l’on s’adresse, on s’ajuste. On peut faire danser les phrases selon les mouvements de sourcils de la face qui nous écoute, ou puncher fort la fin d’une anecdote dans son bâillement. Ou juste dire un peu n’importe quoi, en sachant que ce qui est bien avec les discussions plates, c’est que la mémoire fait une saprée bonne job de déchiquetage dès qu’elle en identifie une.

    Ici, c’est plus difficile. On ne se connaît pas.

    Et les internets, c’est WORLDWIDE et non-déchiquetable.

    D’autant plus que, honnêtement, la seule expertise que je me suis bâtie en cinéma, c’est de laisser la parole aux autres. Je fais des films avec les mots, les vies et les décors qui existent déjà, parce que créer une matière qui provient entièrement de soi, c’est étourdissant d’exposition. Et que cacher un peu lâchement sa pudeur derrière la noblesse du genre documentaire, c’est plus pratique.

    J’ai donc derrière la calotte une décennie d’observation de l’autre et  d’utilisation de leur réalité pour servir ma propre vision du monde. J’ai même épié plusieurs réalisateurs dans les moments fragiles de leur création en faisant des making of sur leur dos.

    C’est épouvantable.

    Je suis en dette flagrante d’exposition.

    Et c’est ici que les comptes vont se régler.

    Je vais me makingoffer moi-même le processus de création de cette carte blanche (personnelle, worldwide et non-déchiquetable) de façon écrite.

    Pour commencer, je vous invite à vous laisser imprégner par ce schéma.

Schéma #1

    Cette illustration éloquente du parcours classique vers l’atteinte de nos buts occupe une place de choix dans mon bureau. En tout temps, je peux y avoir recours par un rapide contact visuel. Elle fait intrinsèquement partie de ma création.

    Vous remarquerez qu’elle est plastifiée. Il me semble que c’est encore mieux.

    C’est donc cette iconographie qui guidera ma carte blanche (et sûrement le reste de votre vie) en tant que métareprésentation du sujet proposé, c’est-à-dire la structure d’exposition du processus de la carte blanche comme carte blanche.

    Prenez encore quelques jours pour réfléchir à ses composantes, je vous reviens bientôt.

Schéma #1 expliqué

    *Je souhaite tout de même amener un bémol : je ne porte pas vraiment de sarrau.

 

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