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Fait que c’est ça
par Alexandre Dostie, 2016-10-15

    Fait que c’est ça. Trois-Rivières, un après-midi comme un autre sur Google Images à chercher des photos de Marc Béland. Me semble qu’y pourrait lui, être notre Bill Murray québécois. Beau, mais fatigué, pas trop achalé, tranchant et tourmenté avec un swag qui date un peu… Je sais pas, j’y pense. Je l’essayerais moi.

 

    Entk, à moment donné je tombe là-dessus: http://www.bertrandcarriere.com/portraits/portraits-1/

    Je scroll à droite, pis j’passe ma phase Marc Béland… CI-BOI-RE ! Morin, Falardeau, Birkin, Arcand, Kieslowski, Tavernier, Forcier, Labrecque, Brault mon capitaine !

    Mais qui es-tu Bertrand Carrière, photographe ? Qui es-tu toi, avec ton noir et blanc ? Qui es-tu toi avec ton timing de clin d’œil ? Qui es-tu toi qui fait de la photo, pis des films que je n’ai jamais vu, pis de l’art public, pis qui m’a mis les yeux dans l’eau avec la face de Moshen Mahkmalbaf (who the fuck !?) ? Mon esti.

    Je suis dans les portfolios de Bertrand Carrière. Je rentre dans chaque, je glisse, je m’arrête, je screenshot, je change mon fond d’écran. Je pogne de quoi dans APRÈS STRAND et je commence vraiment à décoller dans GROUND LEVEL. On a beau dire, mais le vieux stock, c’est le vieux stock.

    Et là, je tombe sur VOYAGE À DOMICILE. C’est le premier album et ça contient des photos prises entre 1984 et 1994. Carrière, que j’ai l’impression de connaître un tantinet plus maintenant qu’il y a 19 albums, ouvre avec une citation d’André Bazin qui parle de la mécanique de la photographie: « Ces ombres grises ou sépia, fantomatiques, presque illisibles, ce ne sont plus les traditionnels portraits de famille, c’est la présence troublante de vies arrêtées dans leur durée, libérées de leur destin, non par les prestiges de l’art, mais par la vertu d’une mécanique impassible ; car la photographie ne crée pas, comme l’art, de l’éternité, elle embaume le temps… »

    Pis là, je slide et je lève solide. Les humains, dans les moments, dans les photos, ne sont différents de moi  (en chair devant mon laptop), que par leur immobilité dans le temps et l’espace. Devant mes yeux, c’est vivant et tout porte à croire qu’il ne suffirait que deux trois lignes de magie noire pour que ça se mette à bouger.

    Il y a de grands bouleversements dans les petites choses. On traverse des mondes dans le voyage immobile. À mes yeux, il y a beaucoup de ça dans l’oeuvre de Bertrand Carrière.

    Fait que, je le stalk sur Facebook.

 

    Ah ben tarbarnak !

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