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Redécouvrir Faux-Bond
par Fabrice Montal, 2017-03-01

Le 6 mars prochain à 19 h, la cinémathèque québécoise présente Faux-Bond de Louis-Georges Carrier. Décédé en décembre 2016, nous soulignons sa mémoire.

L’intérêt de ce film se situe tout autant dans la forme, dans le fond que dans ses parties constituantes, ses comédiens, ses techniciens. Il dépasse le simple hommage posthume à l’un des plus singuliers auteurs de la télévision publique de la Révolution tranquille,

Il est patent aujourd’hui qu’une telle œuvre surprend. Elle appartient à toute une série de téléfilms que la Société Radio-Canada se mit à produire seule ou en association avec le secteur privé (ici Delta Films), afin de les diffuser lors du grand rendez-vous culturel des dimanches soirs qui s’intitulait Les Beaux Dimanches.

Entouré d’une cohorte imposante des meilleures comédiens québécois de l’époque, ne pensons qu’à Dine Mousso, Jean Duceppe, Guy Sanche ou Jacques Godin, avec en arrière fond des figurants comme Raymond Cloutier, Ginette Letondal ou le peintre Jean-Paul Mousseau, Hubert Aquin incarne le personnage d’un espion. Parti d’une commande  venue du cadre de cette série internationale d’espionnage regroupant les télévisions japonaise, canadienne et française, proposée par le cinéaste Yves Ciampi, secondé par son scénariste Jean-Charles Tacchela. Aquin devait partir d’un argument conçu par Tacchela autour de l’idée de l’agent double. Nous nous apercevons que, fort habilement, il en fabriqua un récit d’espionnage truffé d’humour qu’il a inscrit dans la pure lignée de son récent roman Prochain Épisode paru trois ans plus tôt en 1966 et dont il a adopté le ton.

Jacques Collins, signe une direction de la photographie qui joue sur la géométrie des cadrages qui étonne rappelant Carlo di Palma ou Guy Borremans. Notons qu’il s’agit du premier long métrage de fiction du jeune Pierre Mignot, qui assistait Collins à l’image sur ce tournage. La musique originale de Big Band jazz de François Morel conférait à ce film une atmosphère un tantinet « internationale » comme on en voyait peu à l’époque à la télé québécoise.

C’est donc une redécouverte de cet auteur autrefois majeur, puis oublié, de la télé d’ici que nous présentera Nino Gabrielli, spécialiste des œuvres médiatiques d’Hubert Aquin.   

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