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Enfances
par Guillaume Lafleur, 2017-06-07

La représentation de l’enfance au cinéma révèle un corpus d’une infinie richesse. La programmation Enfances qui scande le mois de juin à la Cinémathèque nous a permis d’aller puiser, dans nos collections, des films n’exaltant pas forcément l’enfance mais s’inscrivant sur une mince ligne séparant réel et imaginaire. Soit, l’enfance d’un point de vue adulte, investie ou traversée de tous les mouvements du monde. 

Les films Anna 6-18 de Nikita Mikhalkov et Pather Panchali de Satyajit Ray posent tous deux un regard sur l’apprentissage. Dans le premier cas, il s’agit de suivre patiemment l’évolution d’une jeune enfant filmée une journée par an, entre 1980 et 1993. Ce portrait révèle en creux un cadre historique formulant le poignant témoignage de la fin du régime soviétique. 

Pour le film de Ray, premier volet de l’extraordinaire trilogie d’Apu, il s’agit d’accompagner un jeune enfant établi avec sa famille au cœur d’un village traditionnel bengali. C’est à travers son regard que se dessine au long du film le chemin de vie que lui et sa famille devront parcourir afin d’accéder à la modernité, en se rendant à la ville. Ce grand film témoigne de la fin du colonialisme en Inde, via la rupture possible avec la tradition formulant de nouveaux enjeux d’émancipation. 

Autre part, l’enfant semble trop jeune pour supporter des situations troublantes et tragiques auxquelles il est confronté, que ce soit au sein de la petite histoire familiale (Ponette de Jacques Doillon) ou de la grande histoire récente (Au revoir les enfants, de Louis Malle). 

L’enfant peut être aussi, purement et simplement, une apparition ou un messager. Tel est le cas dans Birth de Jonathan Glazer, une œuvre forte où l’enfant devient l’élément essentiel d’une trame fantastique, concoctée par le réalisateur et par le scénariste Jean-Claude Carrière. L’enfant y est une apparition rappelant au bon souvenir de l’héroïne la présence enveloppante de son mari défunt. 

Un cycle riche qui témoigne d’une acuité de regard sur notre monde dont l’enfant serait porteur, nous offrant à voir sous une lumière crue les mouvements de la vie sentimentale et de l’histoire en cours.      

 

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