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Cartoon forum – Jour 1 : Premiers projets dont deux pour Patar & Aubier
par Nicolas Thys, 2017-09-12

     Mea culpa. Dans notre article de présentation de ce nouveau Cartoon forum, nous déplorions l’absence de séries feuilletonnantes à partir des quelques lignes écrites dans le programme et finalement nous en avons déjà trouvé deux. Chacun à leur manière, Chicken of the dead et Sol & Liv affichent des structures narratives soutenues.

     Sol & Liv est un projet de série 2D polonais, de type fantastique produit par Letko & Animoon. Contrairement aux autres pitchs de la journée, celui-ci fût plutôt avare concernant son développement scénaristique prometteur mis avec des airs de déjà-vu : un garçon et une fille, pré-ados voulant grandir, monde parallèle, réalité et magie, monstres et nature omniprésente, combat entre le bien et le mal. L’histoire devrait s’étaler sur 13 épisodes de 20 minutes. L’identité graphique et la direction artistique, inspiré des ornementations et mythes slaves et scandinaves, sont appréciables mais le teaser ne proposant que de rapides et courts plans de quelques secondes ne permettent pas d’en dire davantage. A suivre…

     Le second est un projet d’animation ados/adultes (ou pour les enfants amateur d’hémoglobine et de viande avariée) autour d’êtres humains qui se transforment en poulets zombis après avoir consommé une nouvelle recette de viande goût barbecue. Ca aurait pu se dérouler au Kentucky mais le décor est planté dans le Gers, région française également réputée pour ces volatiles. Autour des poulets mort-vivant pas si bio qui explosent quand on les décapite, on trouvera quelques personnages hauts en couleur : un magnat des finances, sorte de Donald Trump local, sa secrétaire, son frère jumeau qui dirige une secte de ninjas phyto-mondialistes ou un général d’armée ultranationaliste. Le premier essaiera de trouver le poulet 0 disparu à l’origine de l’infection et qui porte à son cou une clé USB avec ses numéros de compte off-shore. Tiré d’un court-métrage, ce Chicken of the dead promet beaucoup mais on se demande si une chaîne TV sera sensible au message de paix, d’amour, de bonheur qu’il véhicule pour leur permettre d’obtenir les 320 000 euros nécessaires au financement des 10 épisodes de 7 minutes prévus. On l’espère car une saison 2 est déjà imaginée et elle a aussi l’air très kawaï. Produit par les français d’Anoki & Melting productions, le projet devrait être réalisé localement par un nouveau studio toulousain spécialisé 2D, Les Affranchis, initié par l’association de quatre compagnies dont trois de la région (Anoki, Xbo et le-Lokal). Presque une histoire de famille en somme !

  

     Avant les poulets monstrueux, la journée avait commencé sur un Chien pourri – admirez la transition – et l’adaptation des romans illustrés homonymes de Colas Gutman et Marc Boutavant. Destiné aux 5-10 ans en priorité, le projet est porté par trois importantes sociétés franco-belges : Folivari, Dandeloo et Panique ! Il devrait y avoir 52 épisodes de 13 minutes pour raconter les folles aventures de ce sac à puces errant aux relents de sardine, aussi stupide que généreux, et de son ami chaplapla. Tous deux vivent dans les rues parisiennes, vont et viennent au gré des aventures et des quiproquos et rencontrent humains, plus ou moins gentils et animaux de toutes les classe sociales. Parmi les épisodes prévus on aura Chien pourri sur lune, amoureux ou jouant à cache-cache avec son ombre jusqu’à se retrouver au milieu des catacombes ! En charge de l’écriture on trouvera Jean Regnaud et à la réalisation, Davy Durand, Vincent Patar et Stéphane Aubier, que des grands noms. Côté télé, France télévision est présent mais la série a toujours besoin financements à l’international. Elle devrait couter 8 millions d’euros et être prête pour septembre 2019.     

     Deux autres projets d’adaptation ont été présentés ce jour. Le premier vient des studios lillois de Redfrog qui veulent mettre en série Ana Ana, tiré de la bande-dessinée du même nom d’Alexis Dormal. L’auteur a d’abord créé le personnage de Pico Bogue, grand succès de librairie puisque 600 000 albums ont été vendus en France en plus de publications régulières dans des journaux. Ana Ana est la sœur du précédent et ses aventures sont avant tout destinées aux plus petits puisque le public visé est les 3-6 ans. Il s’agit d’une fillette au tempérament positif et joyeux et de ses six doudous qui vivent dans une maison non loin de la mer. L’un des grands intérêts de la BD, que le studio cherche à reprendre, est son aspect graphique aquarellé qui n’est pas sans rappeler un Sempé coloré. La série devrait comporter 78 épisodes de 7 minutes et les équipes cherchent encore des collaborateurs financiers.

     Le second, destinés aux 5-10 ans, sera produit par Miyu productions et se propose d’adapter l’ouvrage illustré L’Inventeur de Jean-François Martin paru en 2010 au style visuel rétro mais personnel et séduisant. Un premier court-métrage avait déjà été fait par les étudiants de Supinfocom, l’idée d’une série est venue ensuite. Il s’agit d’exploiter un personnage-type déjà beaucoup vu au cinéma comme dans la littérature en exploitant sa nature poétique, tendre et ironique. Le protagoniste s’appelle Félix, il s’exprime peu et vit avec une gouvernante cosaque au caractère bien trempé et il n’a d’yeux que pour son éternelle fiancée Dora. On trouvera également un riche émir aux idées farfelues et une jolie galerie de personnages secondaires. Tous le retrouveront dans des situations absurdes suite aux inventions étranges du premier parmi lesquelles une machine à décapiter des œufs à la coque ou à produire de la neige parfumée à la pistache dans le désert. Sont prévus 52 épisodes de 7 minutes. C’est l’auteur et scénariste Jean-Luc Fromental qui devrait se charger des scénarios.  

     Outre les adaptations, on a eu droit à du « mignon ». C’est une tendance qui se développe et qui devait perdurer au vu des réactions du public attendri dans les salles. Deux projets ici aussi. D’abord Botos family, une série sud-coréenne en marionnettes avec un trio de chats aux allures de peluches qui vivent avec leur humain au-dessus d’un café. Tout semble fait ici pour faire rire et s’exclamer : « Ils sont tellement beaux ». 54 épisodes de 3min30 sont prévus. Peu d’éléments concernant les scripts ont été donnés. La série devrait voir le jour en 2019. Pourquoi pas…

     Le second est plus intéressant. L’Odyssée de Schooom est un spécial TV de 26 minutes développé par Picolo pictures, société récemment créée par le réalisateur Julien Bisaro et la scénariste Claire Paoletti. On suivra les aventures d’une chouette blanche en Louisiane dont l’œuf a éclos dans un bayou après une tempête. Naïve et découvrant le monde, elle cherche à être adoptée avec son frère encore dans sa coquille. Elle fera naïvement le tour des animaux du coin, parfois parmi les plus dangereux (écureuil, opossum, poule d’eau, alligators) jusqu’à perdre l’œuf parmi des humains, qu’il faudra donc aller rechercher. Le graphisme est simple et joli. Tout est fait pour être attendrissant et mettre en valeur une nature sauvage merveilleuse mais menacée par les changements climatiques. Le projet est bien avancé disposent déjà d’un distributeur cinéma pour la France (Les Films du Préau) et de Canal + pour la télévision. Toutefois ils cherchent des coproductions ou distributeurs internationaux pour compléter un budget prévu à 650 000 euros. Les deux auteurs imaginent des suites possibles, reprenant le concept dans d’autres paysages sauvages avec un manchot et un ornithorynque. Pas sûr que la répétition d’une histoire semblable soit la meilleure idée.

     Enfin, toujours dans les spéciaux de 26 minutes, on est heureux de voir la collaboration entre Panique ! et Autour de minuit se poursuivre. Les deux studios belges et français ont en effet annoncé le retour de Cowboy et indien dans deux nouvelles aventures farfelues. Un épisode centrée sur les grandes vacances est en encore en gestation mais celui sur La Foire agricole, qui se situera après la période des examens de fin d’année, devrait pouvoir partir en production bientôt, toujours sous la houlette de Patar et Aubier. Le scénario, à base d’amnésie et de voyages dans le temps qui tournent mal, a l’air aussi déjanté que les précédents. France Télévision est sur le coup mais les producteurs cherchent encore des ventes et préventes.

    

On a terminé la journée par une visite du très beau muséum d’histoire naturel de Toulouse avec des guides toujours prêts à répondre aux questions. L’établissement accueille en ce moment une exposition autour de la série Les As de la jungle dont un long-métrage vient de sortir sur les écrans français. Il s’agit, comme le cassoulet ou le confit de canard, d’une vraie spécialité toulousaine mais qu’une 3D formatée rend bien indigeste…

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