ÉditoS
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Cinéma québécois : regards pluriels
Par Bruno Dequen , 2017-02-16

« Depuis le début de l’année, c’est l’électrochoc ! », affirmait Robert Daudelin il y a quelques semaines sur notre site web. Cette déclaration enthousiaste de la part d’un observateur aguerri du cinéma québécois qui en a pourtant vu d’autres témoigne avec justesse de l’heureuse surprise qu’ont suscitée plusieurs films québécois sortis en ce début d’année. Si les problèmes de diffusion rendent malheureusement les œuvres de moins en moins disponibles, ceci est d’autant plus déplorable que de nombreux cinéastes québécois(es) ont proposé des films particulièrement audacieux ces derniers mois. Dans notre dernier numéro, les longs métrages immersifs de Ouananiche, Charles-André Coderre, Yann-Manuel Hernandez et Karl Lemieux avaient déjà suscité notre intérêt.

Parmi les films couverts dans le présent numéro, seul le Nelly d’Anne Émond n’a pas su convaincre la rédaction. Ce n’est certes pas faute d’ambition, puisque la cinéaste tente une approche essayiste du biopic qui s’éloigne du récit traditionnel. Ceci dit, en démultipliant sans la complexifier l’image publique largement médiatisée d’Arcand, Émond ne propose pas un regard suffisamment pertinent et original sur son sujet. Or, c’est justement la force et la singularité de regards aussi atypiques que ceux de Sophie Goyette, Olivier Godin, Sylvain L’Espérance, Olivier Asselin et Zaynê Akyol qui marque cet impressionnant début ­d’année pour le cinéma québécois. Sans oublier bien entendu la grande fresque post-Printemps érable de Mathieu Denis et Simon Lavoie, qui fait l’objet d’un dialogue entre Gérard Grugeau et Philippe Gajan permettant d’aller au-delà des mots-clés « radical » et « politique » que la plupart des médias répètent à l’envi. Comme complé­ment à la longueur assumée de Ceux qui vont la révolution…, 7 des courts métrages québécois les plus marquants des deux dernières années font l’objet de notre nouveau DVD. Une occasion de découvrir des visions déjà bien campées et de faire connaissance avec leurs créateurs à l’occasion d’une table ronde.

Ailleurs dans ce numéro, une analyse de la démarche hors-norme du cinéaste israélien Nadav Lapid accompagnée d’un entretien ; un retour sur l’œuvre engagée et en perpétuelle évolution de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval suivi d’un carnet de création tourné vers l’avenir, consacré à un duo de créateurs qui, au fil de leurs projets, ne cessent de guetter les signes avant-coureurs d’un autre monde possible ; du documentaire animé ; des comédies récentes jubilatoires et subtilement politiques, la rétrospective Alain Tanner et plus encore. À noter en particulier, un texte de Marcel Jean sur la façon dont Montréal a été représentée au cinéma. Cet article introduit une nouvelle chronique au sein de la revue pour 2017 : Montréal et cinéma, une façon pour nous de saluer le 375e anniversaire de la fondation de la métropole. Dans chacun des numéros à venir, un auteur invité aura carte blanche pour se pencher sur les liens qui unissent la ville et le 7e art. À suivre, donc !

 

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