Cinéastes Invités

Entrevue avec Marie Davignon

par Kristina Wagenbauer

Depuis toujours, j’aime mettre par écrit mes objectifs/rêves professionnels les plus fous. J’ai déjà accompli certains d’entre eux. Par exemple, réaliser un long métrage se trouvait depuis longtemps dans cette liste et voilà, c’est fait!

Ensuite, sur ma liste, j’ai des vœux, comme travailler avec certains acteurs ou artisans. Aller dans certains festivals. Je ne vais pas les nommer ici car ça porte malchance!

Un de mes rêves était de trouver mon âme sœur à la direction photo, une artiste qui comprend parfaitement ma vision et avec laquelle c’est agréable de travailler. Et voilà, je pense bien que je l’ai trouvée ! Elle s’appelle Marie Davignon.

Marie est une des femmes les plus inspirantes que je connaisse et aussi une directrice de la photographie de la relève dont vous allez entendre parler de plus en plus.

Pour vous donner une idée de qui elle est, j’ai décidé de la passer en entrevue elle aussi.

Comment tu es arrivée à faire du cinéma?

Il y avait quelque chose de vraiment mystérieux pour moi, presque magique, dans l’art de faire des films. Ça m’intriguait au plus haut point depuis l’adolescence.  Au Cégep, alors que j’étudiais en sciences de la santé (eh oui!), j’avais une bonne amie en arts et lettres profil cinéma.  Elle me racontait tout ce qu’elle apprenait dans ses cours, je buvais ses paroles et je m’infiltrais aussi dans sa classe quand c’était des projections de films. C’est comme ça que j’ai découvert le langage cinématographique et des cinéastes comme Lars Von Trier, Kubrick, Robert Morin…  je capotais!  À partir de là, j’ai su que c’était en cinéma que je voulais travailler. J’ai tourné mon premier court métrage et je suis rentrée à l’UQAM en communications profil cinéma.

Pourquoi la direction de la photographie? 

Michel Caron (professeur de direction photo à l’UQAM) m’a donné un « C » dans mon cours à option de direction photo. Je ne l’ai pas pris! Ça m’a motivée à démystifier le métier, je voulais comprendre. Alors je me suis portée volontaire pour faire la direction photo d’un court métrage en super 16mm. Ça s’est étonnement bien passé et en plus, j’ai adoré l’expérience! J’ai eu la piqûre. Pour moi, c’était comme peindre avec la lumière. Ça satisfaisait mon côté scientifique tout en me permettant d’explorer ma créativité.  C’était parfait.
Tu as récemment réalisé ton premier court métrage, AMIES, qui a été sélectionné au TIFF et FNC (et plusieurs autres festivals qui s’en viennent). Veux-tu plutôt faire de la réalisation ou de la direction photo? 

Je me demande ce qu’André Turpin, Vincent Biron, Ian Lagarde ou encore Reed Morano répondraient à ça?  Je pense qu’on a tous un point en commun : le cinéma c’est notre langage, notre passion, et c’est ainsi qu’on s’exprime le mieux.

Réaliser m’a certainement fait devenir une meilleure directrice photo. J’ai d’autres projets de réalisation et je suis plus passionnée que jamais par la direction photo. L’un n’empêche pas l’autre ☺
Qu’est-ce que tu aimes le plus de ta relation avec les réalisateurs ?

Ce que j’aime, c’est d’entrer dans l’univers de quelqu’un d’autre. Arriver le comprendre, à saisir ses intentions et bâtir une complicité artistique. Après un temps à travailler ensemble, il arrive un moment où on se comprend sans se parler. Je trouve ça génial et ce n’est pas étonnant que ça résulte souvent en de grandes amitiés.
Et de ta relation avec tes directeurs photo?

Je pense que ça revient un peu au même.  La complicité artistique. C’est bien de créer seul, mais à plusieurs, c’est encore mieux, on peut se nourrir et amener les idées encore plus loin.

Tes œuvres dont tu es le plus fière?

J’ai vraiment de la chance. Je travaille avec des réalisatrices et des réalisateurs dont j’admire vraiment le travail.  Pour nommer quelques œuvres: Faillir,  court métrage de Sophie Dupuis; Sashinka, long métrage de Kristina Wagenbauer (!); Black Friday, court métrage de Stéphane Moukarzel; Black Conflux, long métrage de Nicole Dorsey (présentement en postproduction, mais je suis déjà fière), etc…  Il y a aussi mon court métrage, AMIES, fait sans subvention grâce à des gens tellement talentueux et qui réussit à faire sa marque en festival. Ça me rend très fière.

    
Faillir de Sophie Dupuis


Black Friday, court métrage de Stéphane Moukarzel

C’est quoi ton plus grand rêve de directrice photo?

Tourner le prochain Blade Runner. Voilà, c’est dit!

À part de ça, si je peux ne tourner que des films qui m’allument avec des réalisateurs que j’admire – et dont le budget suit les ambitions –  je serai comblée.

C’est quoi tes 3 films préférés et pourquoi.

J’en ai juste un : Sashinka de Kristina Wagenbauer. LOL. 😉

Je déteste cette question parce que pour moi, ça change tout le temps, ça évolue et je ne peux pas en choisir que 3, j’aime beaucoup de films!  Ceci dit, voici ce qui me vient en tête présentement :

  • Paradise : Love de Ulrich Seidl (un indélogeable)
  • Punch Drunk Love de Paul Thomas Anderson (mon genre d’humour)
  • Force Majeure à égalité avecThe Square de Ruben Östlund

Image d’en-tête : AMIES de Marie Davignon

 

 


22 octobre 2018