Cinéastes Invités

Profites-en pendant que ça passe!

par Jean-François Caissy

Profites-en pendant que ça passe!
Enjoy it while it lasts!
Genieße es, solange es geht!

Cette phrase, j’ai dû l’entendre 50 fois plutôt qu’une avant mon départ pour Berlin où je présentais la semaine dernière mon dernier film : La marche à suivre. « Hey man, en tout cas, profites-en pendant que ça passe! » Je le confirme, c’est parfois plus facile à dire qu’à faire, pour moi du moins, spécialement dans le contexte d’une première mondiale dans un festival important, avec cinq projections devant plusieurs centaines de spectateurs, des Q&A, des rencontres, des entrevues, des sandwichs engloutis en trois bouchées et des dizaines de films à voir… Des moments extrêmement stimulants et inspirants, mais aussi certainement chargés d’appréhension.

Suite à l’invitation de 24 images de prendre le relais de ce blogue dans le contexte précis de mon passage à la Berlinale, j’ai d’abord hésité, ne voulant pas parler directement de mon expérience ou même de cinéma en général (d’autres le font tellement mieux que moi). Puis, j’ai été séduit par l’attrait d’utiliser simplement cet espace pour m’amuser à travers un projet sonore, réalisé sans aucune prétention.

« Profites-en pendant que ça passe! » L’idée n’est évidemment pas mauvaise en soi, surtout si l’on prend en considération les trois années que je prends en moyenne pour réaliser un film. Étant aussi zen qu’une Stihl MS 362, j’ai décidé de me prêter naïvement au jeu de faire systématiquement des pauses durant mon séjour à Berlin, une manière de me détacher momentanément de l’effervescence entourant ce type d’évènement et de profiter de cette belle reconnaissance.

Afin de marquer concrètement ces moments, j’ai apporté dans mon sac un petit enregistreur stéréo que j’ai sorti discrètement chaque fois que j’ai réellement fait l’une de ces pauses. Ainsi, entre deux rencontres, avant une projection ou lors de déplacements en train ou en avion, j’ai enregistré des ambiances sonores d’environ une minute correspondant au moments précis où j’ai tout arrêté. Si j’étais alors évidemment conscient que j’enregistrais des sons pour ce blogue, je dois avouer que j’ai rapidement pris un certain plaisir à entrer ainsi dans ma bulle.

Les pistes sonores qui suivent sont donc des traces de mon séjour au festival. Il me semblait particulièrement intéressant de les présenter sans aucune image afin de laisser uniquement aux sons le rôle de créer le décor. Un court titre servant de mise en contexte accompagne néanmoins les enregistrements.

À écouter préférablement avec des écouteurs…

Pour être un tant soit peu cohérent avec ma démarche, je débute donc ce blogue après le festival.

 

Après Ma Rencontre Avec Béla Tarr

 

Jet Lag

 

Avant: Al doilea Joc – The Second Game(2014)

Apres: Baal (1969) Volker Schlondorff

 

Présentation : Yoru No Henrin (1964)

 

Attente pendant une projection de mon film

 

Rayon X Paris/CDG

 


21 février 2014