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Cinéastes Invités

Tout Monde

par Miryam Charles

Au temps qui passe, à la vie quasi normale et aux murs qui tombent. À la recherche de courages intériorisés. Écrire des scénarios réalistes et réalisables. Prologue. Dans un bar, un chauffeur de taxi montre une photographie de sa fille disparue aux quelques clients dispersés. Acte 1. Guido rêve depuis la tendre enfance de voyager dans l’espace. Son mépris des mathématiques et des sciences l’a toutefois mené à la politique municipale. À son bureau, il peine à rédiger son discours d’investiture. Acte 2. Sur le bureau de Guido, bien en évidence, le dossier de la fillette disparue, citoyenne non-votante de sa circonscription. Acte 3. Des actions, des choses, un chien errant, une mine abandonnée, en plan-séquence. Quatrième acte. On ne sait plus qui est le personnage principal. Le coq qui se promenait à l’arrière-plan du bar lors de la scène d’ouverture semble soudainement plus important. Retour en arrière. Il est révélé que le père de Guido était militaire. Épilogue : la femme qui lavait les vêtements du colonel dans le flash back militaire, est assise à un bureau. Elle mange du poulet. On comprend que c’est l’animal du début. Trouver des réponses. Y répondre et passer à autre chose. Y répondre et espérer autre chose. Un exposé incohérent et paisible sur les liens entre mémoire et politique (en 16mm).

J’ai la colère douce, la révolte tranquille. La mémoire pour la révolution. En surface c’est très très doux. Peut-être trop. Probablement pas.

 

Image de couverture : Barbara, Christian Petzold

 


20 juin 2018