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Festivals

Festival des films du monde 2013 : la tristesse

par Helen Faradji

AU COMPTE-GOUTTES

«Le monde est à vous», «432 films», «113 premières mondiales et internationales», «200 courts», etc… Le communiqué envoyé à la presse pour annoncer la programmation de cette nouvelle édition du Festival des Films du Monde (22 août-2 septembre) alignait les chiffres comme s’il y avait là réellement de quoi appâter le chaland.

Une course aux chiffres qui n’a jamais rien eu grand chose à voir avec la cinéphilie, mais tout avec un festival en perte de vitesse flagrante qui semble penser pouvoir ainsi noyer le poisson.

Pourtant, à l’éplucher, cette liste de titres alignés sans queue ni tête, rares sont ceux capables de générer un véritable enthousiasme.

De la compétition mondiale, placée sous le signe nous explique-t-on de «l’humain dans un monde en mutation» (!), que retenir? Les deux maisons, québécoises (L’autre maison de Mathieu Roy et La maison du pêcheur d’Alain Chartrand)? Jappeloup, relatant les aventures du petit cheval noir ayant fait gagner son cavalier aux JO et dont la présence en compétition a bien du faire ricaner outre-Atlantique où il avait été reçu, disons, timidement? Cha cha cha de Marco Rosi, qui n’est le fils de son père que sur le papier? Une poignée de films chinois ou flamands sans grand retentissement? Landes de François-Xavier Vives accueilli avec quelques bravos polis en France? Ou peut-être A Thousand Times Goodnight du norvègien Erik Poppe qui aura au moins le mérite de réunir Juliette Binoche et Larry Mullen Jr, batteur de U2 dans un drame sur la guerre? Encore une fois, le tout marchera à la surprise et probablement à la déception. Que celui que cette compétition fait sincèrement rêver nous jette la première pierre.

Ailleurs, c’est aussi au compte-gouttes qu’on pourra dénicher de quoi calmer l’appétit. Un Bruno Dumont par ci (son attendu Camille Claudel 1915, qui prend l’affiche en salles le 6 septembre), un Ken Loach par là (son documentaire The Spirit of ’45), une Pascale Ferland s’essayant pour la première fois à la fiction après son très beau Adagio pour un gars de bicycle (Ressac), La religieuse de Guillaume Nicloux, la réunion (au sommet?) Greenaway/Godard/Pera dans le film à sketchs 3x3D ou la bizarrerie que semble être Le monde invisible, réunissant à son générique Theo Angelopolous, Guy Maddin, Manoel de Oliveira, Atom Egoyan, Maria de Medeiros ou Wim Wenders.

Maigre récolte de désirs pour un tableau de chasse pointant à 432 films…


20 août 2013