Chroniques

3 classiques hollywoodiens pour se faire plaisir à Noël

par Apolline Caron-Ottavi


Vous cherchez une alternative au visionnement de l’incontournable – et certes magnifique – It’s a Wonderful Life de Frank Capra? Voici 3 suggestions de classiques hollywoodiens qui honorent eux aussi la tradition du « film de Noël » avec panache!

 



3 Godfathers
(John Ford, 1948)

Dans cette allégorie profane de la nativité, signée John Ford (qui avait filmé une première version, aujourd’hui perdue, de cette histoire en 1919), trois bandits se voient transformés en rois mages : en fuite dans le désert suite à un braquage, ils rencontrent une femme esseulée qui meurt en couche devant eux et leur confie la responsabilité de prendre soin de son fils. Voilà les trois compères, qui ne sont pas vraiment des tendres, pris avec un bébé sur les bras. Ne serait-ce que l’idée de confronter le corps massif – et tout à coup maladroit – de John Wayne à celui d’un fragile nourrisson vaut absolument le détour. Le tragique de la situation initiale laisse ainsi peu à peu la place à la comédie incongrue, avant de renouer avec la solennité de cette nuit de Noël pas comme les autres : rarement les grands espaces auront pris une dimension aussi existentielle et cette course à la fois sacrificielle et rédemptrice vers la lumière au bout du tunnel finit par confiner au sublime.

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Holiday Affair (Don Hartman, 1949)

Un petit bijou plutôt méconnu ! Janet Leigh (au tout début de sa carrière) en jeune veuve de guerre qui peine à joindre les deux bouts et Robert Mitchum en ex vendeur de jouets poète et fantasque, avec entre les deux un petit garçon qui rêve de recevoir un train électrique à Noël et un avocat sérieux qui souhaite prendre la place du pater familias… Pas la peine d’en dire plus, vous l’aurez compris : tous les ingrédients sont là pour une comédie romantique bourrée de charme et d’émotion. Dialogues pétillants et casting de haute volée servent une intrigue de triangle amoureux plus complexe et moins stéréotypée qu’il n’y paraît, tout en étant menée à un rythme soutenu : le destin de tout ce petit monde doit se régler entre la veille de Noël et le Jour de l’an. Dignes de mention : le traitement moderne des enjeux entourant l’enfant, qui a un vrai rôle à part entière ; et l’anticonformisme attachant du personnage interprété par Mitchum, ici plus irrésistible que jamais – y compris pour les otaries du zoo…

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Desk Set
(Walter Lang, 1957)

Katharine Hepburn et Spencer Tracy, ou le couple le plus efficace de l’Hollywood classique. Mais avant que le courant ne passe entre les deux, l’ambiance est souvent électrifiée. Ici, le malentendu est de taille : elle est responsable du service de recherche pour le Federal Broadcasting Network et il est un pionnier de l’informatique ; elle aime travailler à l’ancienne en piochant dans la bibliothèque alors que lui veut révolutionner sa méthode, prétendant que le cerveau humain ne peut rivaliser avec l’ordinateur… Au-delà du plaisir de voir le duo tomber amoureux à coup de répliques bien senties, Desk Set surprend par sa vision satirique très précoce de l’informatique ! La réflexion qu’il en tire n’a rien perdu en pertinence, rappelant que le savoir n’est pas une question d’algorithmes et que les ordinateurs, tout aussi perfectionnés qu’ils soient, demeurent des objets très bêtes si les humains ne savent pas s’en servir avec intelligence… Le tout sur fond de party de Noël au bureau et d’angoisse en milieu de travail : rien de tel pour exorciser une année Zoom.

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23 décembre 2020