Chroniques

Nos suggestions sur la plateforme des F3M!

par 24 images

Les Films du 3 mars nous ont proposé de choisir une petite sélection de films dans leur catalogue, rendus disponibles gratuitement sur leur plateforme tout au long de la semaine, jusqu’au 29 avril! Voici donc trois œuvres que l’équipe de 24 images vous invite chaleureusement à (re)découvrir.

Go in the Wilderness (Elza Kephart, 2013)

Lilith se réveille. Elle est ailleurs, seule, perdue dans le vrai monde. Elle ignore comment elle en est arrivée là. Elle se souvient d’avoir fui le jardin d’Éden pour échapper à un Adam terriblement ennuyeux. Bientôt, elle découvre ces choses humaines dont elle ignorait tout : la mortalité, la peur, la faim, mais aussi la liberté ou ce que veut vraiment dire être femme. Elle rencontre aussi un mystérieux « Gardien » qui devra la ramener d’où elle vient, alors qu’entre-temps, Adam a de son côté rencontré Ève. En filmant le tout premier acte d’émancipation féminine, Elza Kephart affirme son originalité au sein d’un cinéma québécois jeune et différent. Visuellement somptueux, cette drôle de réinterprétation du mythe de Lilith provoque et déstabilise constamment par ses partis-pris narratifs (une errance existentielle dans un monde fantôme), son épuration stylistique et son humour qui plane de façon toujours absurde sur le drame biblique malmené devant nous. Un road trip bergmanien amusé et amusant sur la première rebelle de l’histoire. – Julien Fonfrède

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Bande annonce :

Miron, un homme revenu d’en dehors du monde (Simon Beaulieu, 2014)

L’œuvre cinématographique de Simon Beaulieu s’est construite à l’inverse du système de santé québécois. C’est-à-dire avec un souci de la dignité et de la mémoire des générations précédentes. Après avoir travaillé sur Serge Lemoyne et Gérald Godin, Beaulieu a produit, en 2014, un film en absolue résonnance avec son sujet, le poète Gaston Miron. Un écrivain dont on peut ramener le projet politico-poétique à deux idées empoignées à la manière d’un godendart : celle de se faire la caisse de résonnance d’anciens colons « prolétarisés » par l’histoire ; et celle de faire entrer dans la mémoire collective ces mots de Patrice de La Tour du Pin : « Tous les pays qui n’ont plus de légende seront condamnés à mourir de froid. » Miron, un homme revenu d’en dehors du monde est une fresque, un show d’archives qui donne l’impression que Beaulieu aurait retrouvé une bande sonore et ensuite littéralement rapaillé en images – avec l’abrasif concours des cinéastes expérimentaux Karl Lemieux et Daïchi Saïto – cette voix qui semble aujourd’hui parler depuis une époque révolue mais dont certains atavismes se réveillent régulièrement sous nos yeux. – Ralph Elawani

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Primas (Laura Bari, 2017)

En trois longs métrages, la cinéaste montréalaise d’origine argentine Laura Bari a développé un cinéma documentaire qui explore les psychologies intimes à travers des univers imaginaires créés en collaboration avec ses sujets. Après Antoine, qui proposait de voir le monde du point de vue d’un petit garçon aveugle, et Ariel, portrait de son frère rendu infirme par un grave accident de travail, Primas (« Cousines ») se penche sur la relation entre deux cousines argentines toutes deux abusées sexuellement dans leur enfance – l’une par son père, l’autre par un inconnu qui l’a laissée pour morte après avoir brûlé son corps. Membre de leur famille, la cinéaste filme au plus près le quotidien de deux survivantes, leur reconstruction mentale et physique, et la force tirée de leur amitié. Développant avec les jeunes filles des ateliers de théâtre en Argentine et à Montréal, Bari observe avec compassion et délicatesse le pouvoir réparateur de l’art, et livre à l’âge de Time’s Up un témoignage bouleversant sur la nécessité de briser le silence. – Charlotte Selb

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22 avril 2020
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