Critiques

Les chansons d’amour

Christophe Honoré

par Helen Faradji

On les attendait de pied ferme, ces Chansons d’amour. Peut-être parce que leur réalisateur, Christophe Honoré (Ma mère, Dans Paris), éblouit autant qu’il agace, ce qui a peut-être le mérite de faire changement dans le cinéma français mais pas celui de nous faire adhérer complètement à son cinéma. Peut-être aussi parce qu’on y retrouve l’acteur Louis Garrel, admirable de spontanéité et de naturel, entouré des plus que charmantes Ludivine Sagnier et Clotilde Hesme. Peut-être enfin parce que l’association ménage à trois- mort-comédie musicale avait, il faut bien l’avouer, de quoi intriguer. Au final, on se dira volontiers qu’on avait raison d’attendre. Débarrassé de ses tics pompeux de chevalier honoraire de la Nouvelle Vague, Honoré y trouve une fraîcheur et une grâce qu’on ne lui connaissait pas, laissant drame et gaieté se côtoyer avec une insouciance renversante. Un Paris quotidien et rarement aussi bien filmé, des chansons agréables et entraînantes composées par Alex Beaupain, un calme et une tendresse apaisée, une gravité jamais pesante et une légèreté sans frivolité : enfin, la sincérité de son cinéma fait mouche. Il était temps.


15 octobre 2007