Critiques

Maurice Pialat, l’amour existe

Anne-Marie Faux

par Helen Faradji

De Maurice Pialat, on connaît évidemment les films, mais aussi la légende. Son mauvais caractère, ses emportements (son fameux “si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus”, lancé aux siffleurs lorsqu’il reçut la palme d’or pour son Sous le Soleil de Satan), ses relations tendues avec les acteurs. Mais Pialat, c’est aussi un destin de peintre avorté, une passion pour Renoir et Truffaut, des origines modestes, une solitude d’enfant unique et une façon de travailler singulière et intense. Maurice Pialat, l’amour existe, premier documentaire d’Anne-Marie Faux et Jean-Pierre Devillers, nous l’apprend, par le biais d’archives d’entrevues de l’homme, d’extraits de ses films et de films marquants pour lui et de commentaires d’amis. On regrettera peut-être l’absence de commentaires sur sa relation avec Depardieu pourtant très présent dans le film. Mais l’hommage touche juste, en ayant en plus l’élégance de ne jamais verser dans la complaisance admirative. À mi-chemin entre le collage impressionniste et la chronologie didactique, le film réalise alors un véritable portrait de ce réalisateur maudit, que l’on adorait détester (ou le contraire). Pialat était un grand cinéaste, nous le savions déjà. Il était aussi un homme fascinant, contradictoire, passionné et désespéré, sensible et attachant, nous le saurons désormais.


13 octobre 2007